Des moines hongrois transforment leur abbaye en une grande maison écologique

L’abbaye de Pannonhalma a fêté son millénaire en 1996 et les moines qui y vivent se préparent déjà pour les mille prochaines années. Avant l’hiver prochain, ce lieu saint, qui couronne le sommet de Saint-Martin, disposera de sa propre centrale de chauffage qui fonctionnera avec les déchets de bois d’une exploitation forestière voisine et d’autres restes d’installations provenant de fermes locales. Cette nouvelle technologie permettra de réduire de moitié le coût de l’utilisation des combustibles fossiles pour le chauffage.

La Hongrie utilise la biomasse comme source d’énergie à grande échelle. Et la manière la plus courante a été d’adapter les centrales au charbon pour qu’elles acceptent le bois de chauffage. Mais la transition a atteint ses limites. Comme le disent les experts : la biomasse est inefficace lorsqu’elle est brûlée pour produire de l’électricité. Les trois quarts de l’énergie sont gaspillés, explique Gyorgy Szerdahelyi, chef de l’unité des énergies renouvelables du Secrétariat à l’énergie. Pour s’améliorer, chaque usine devrait vendre la chaleur qui s’échappe au cours du processus, mais il y a peu de clients pour profiter de cette énergie restante.

Le gouvernement hongrois en est conscient et est devenu très zélé pour l’octroi des permis. Il n’est pas étonnant que les applications pour les nouvelles installations de biomasse aient ralenti. Seuls six projets ont reçu le feu vert au cours des dernières années. Les moines de Pannonhalma peuvent en témoigner, il leur a fallu deux ans pour obtenir les permis nécessaires à la réalisation de ce projet de 1,3 million d’euros. Lorsque le plan a été approuvé, le bâtiment qui abrite l’usine a été érigé en cinq mois.

Le projet s’est concentré sur le chauffage, qui est très économique à produire. L’investissement sera amorti en huit ans environ, tandis que les coûts de la chaudière seront récupérés en 25 ans environ. La prochaine étape du projet écologique de l’abbaye sera la production d’eau chaude. Les moines prévoient de couvrir le toit de la centrale à biomasse ainsi que le centre d’accueil des visiteurs avec des panneaux solaires. Les installations sont coûteuses et les subventions de l’État sont très limitées.

Il est bien connu que la Hongrie a tourné le dos à l’énergie solaire et ses plans d’investissement sont axés sur l’énergie éolienne, qui vise à quintupler sa capacité actuelle d’ici 2020.